L'année passée, un quêteux dans le métro m'avait offert ce cailloux sous condition de sans cesse le trimballer dans une poche de mes jeans. Pour lui, ce caillou était une soupape de sécurité puisque lorsque la pression devait insoutenable, il ne lui suffisait que de laisser tomber sur le sol ce poids superflu pour que notre corps remonte à la surface. Comme des sacs de sable arrimés à la nacelle d'une montgolfière ou des semelles de plomb ajoutés à mon costume d'homme grenouille, ces cailloux relâchés ont longtemps été mon exutoire et ma libération, me permettant d'ajouter 20$ de musique sur ma carte de crédit ou d'accepter de perdre mon temps en marchant seule sur le Mont-Royal sous la pluie.
Je suis présentement à la recherche d'un nouveau caillou. Peut-être parce que c'est février et que c'est la mi-session, mais aussi peut-être parce que mon envie de décompresser de mon quotidien ici devient de plus en plus insoutenable.
Je suis jalouse de G. Lemay-Thivierge qui avoue à Bazzo que c'est "un gars d'extrêmes" qui a sans cesse envie d'essayer de nouvelles choses et qui est satisfait de sa lancée au petit écran. Je suis aussi jalouse de l'anglais qui se fait suivre par des mathématiciens et spécialistes parce qu'il a appris à apprendre l'islandais en 7 jours et qui peut énumérer à tout moment les 2500 premières décimales de Pi.
J'ai envie de grandes choses sans même savoir en quoi elles consistent. J'ai envie de sauter les barrières que je me suis moi-même fixées en optant pour le parcours étude-voyage-études mais je ne sais pas où aller.
Je me suis retrouvée la semaine passée sur la piste de danse d'un bar gai -NON papa je ne suis pas lesbienne- et j'y ai trouvé quelqu'un qui, comme moi, venait tout juste de laisser tomber son caillou sur le sol. Nous avons dansé comme des bêtes sur les succès de Britney en se fichant de tout ce qui gravitait autour, en criant et en riant pour rien toute la soirée. Maintenant, je cherche quelque chose de plus fort, quelque chose susceptible d'occulter en moi toute cette adrénaline, tout ce stress, toutes ces remises en questions.
Mais je ne trouve pas. D'ici là, vivement le printemps.
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