Le 24 février dernier, la police faisait feu sur un jeune homme tentant de faire un hold-up dans un dépanneur près du métro Joliette. Ça s'est passé à l'heure de pointe un vendredi matin, au milieu de la période de grande affluence sur le débarcadère du bus 67 juste en face.
À moitié endormie dans la file d'attente du dépanneur, j'ai été celle qui a aperçu la première ce jeune homme un exacto à la main et j'ai vite fait de contacter le 911.
Sans penser à l'ampleur de la dévastation à laquelle il a mené (fermeture du métro, intervention des ambulanciers, implication de la SPVM, de la SQ, des médias, etc), j'ai fait cet appel par pur réflexe. Parce depuis toujours, je croyais que cette responsabilité de veiller à notre sécurité appartenait aux forces de l'ordre et aussi parce que je me disais que des policiers seraient mieux outillés pour désamorcer la montée en tension qui s'annonçait.
Et bien j'avais tort.
Quelques secondes après mon appel, au moins deux policiers entraient dans le dépanneur et donnaient l'ordre à cet "individu" de déposer son arme. Suite à son refus, l'un d'entre eux lui a tiré dessus.
Soyons réalistes. Ce coup de feu était-il indispensable? Et il y a pire. En quoi l'intervention de ceux à qui on attribue le droit exeptionnel d'utiliser la violence pour maintenir l'ordre était digne de ce mandat d'exception? Je veux dire: Considérant le faible potentiel de dangeurosité de cet ado un peu confus, n'y aurait-il pas eu d'autres options que l'usage arbitraire du fusil? Bien plastronnés, repus et reposés, il me semble que ces policiers pouvaient s'accorder le bénéfice du doute quant à l'issue du conflit avec ce jeune seulement intimidé au départ par mon regard inquisieur sur sa lame d'exacto.
À vous messieurs les policiers vous reposant après ce choc nerveux de cette matinée ensanglantée du 24 février, je dis: Ne vous inquiètez plus et dormez sur vos deux oreilles. Car vous avez depuis fait naître le doute dans mon esprit qui me fera rebuter tout appel au 911. À l'avenir, je fermerai les yeux sur ces élans de désespoir en sachant que vous n'y remédiez en rien. En posant ces gestes violents et arbitraires, pensez-vous que la jeunesse tentée par la criminalité trouve matière à reprendre confiance dans cet "ordre" que vous chérissez tant?
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4 commentaires:
Bien dit Éli! C'est un constat assez troublant... Je travaille à la caserne de pompiers juste à côté et ce genre d'intervention arrive trop souvent. J'ai affaire au quotidien avec ces intervenants de premières lignes et on n'est pas sur la même longueur d'onde, mais alors pas pantoute. On développe d'autres réflexes en cas de crise... c'est complétement absurde merde!!
Je te tague, même si c'est nul:
- Écrire le lien de la personne qui nous a tagué
- Préciser le règlement sur son blogue
- Mentionner six choses sans importance sur soi
- Taguer six autres personnes en mettant leur lien
- Prévenir ces personnes sur leur blogue respectif
En dessous de son commentaire, il y a une petite poubelle dessinée pâle. Clique dessus.
Ça à fonctionner pour moi.
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