T'es malade= tu prends tes pilules.
Certains ont de la difficulté à comprendre ça.
Fait chier.
Eux savent pas à quel point ils en ont de la chance d'avoir accès à des médocs pour soigner leurs maux, autant graves soient-ils.
J'aimerais qu'on invente un remède contre toutes les formes de dépendances. J'aimerais que tu te fasses soigner dans un hôpital les murs peints en jaune par des infirmières souriantes qui t'apportent du manger gratiss au lit. Des médecins avec des stats sur les taux de réussite des traitements, des matantes qui font des marches pour amasser des fonds pour la recherche d'une cure toujours plus efficace. Des réseaux d'entraide sur internet, des photos de gens "qui luttent", souriants, des vedettes québécoises qui représentent ta cause.
Pauvre toi, tu crèves dans l'ombre comme ta copine qu'on a retrouvé dans la ruelle l'autre fois. J'ai déjà payé cher pour qu'on s'occupe de toi, mais me manquait les plusieurs milliers de dollars pour t'offrir le séjour complet. T'es sortie tellement rapidement, tu y a cru 20 minutes et moi j'ai pleuré 10 ans.
Chez machin-Anon, y m'ont dit de remettre ton sort et le mien entre les mains de Dieu, que je n'y étais pour rien, que "pleures donc sur mon épaule, mon enfant, viens ici que j'te serres dans mes bras". Me suis sauvée en courant et j'ai cessé de chercher des solutions cette soirée-là.
Tout ça pour dire qu'à partir du moment où tu obtiens un diagnostic et que tu sais quels sont les paliatifs qui s'offent à toi, t'es un sale imbécile de refuser de prendre ces pilules de merde couvertes par la RAMQ.
Note: Oui, je souhaite que les murs de l'hôpital aient été peints en jaune par les infirmières souriantes.
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