Une petite boucherie vient d'ouvrir ses portes sur Masson, c'est trop génial. Tout coûte le quart du prix du Métro et les deux proprios sont ahurissants quand un débat est lancé sur la cuisson parfaite d'un rôti de porc. Je me suis transformée en carnivore seulement pour profiter de l'ambiance de la place le soir vers 17h 30. Et j'suis pas la seule, parce que Masson sent le barbecue pas mal plus qu'à l'habitude cette année.
Mais c'est pas de ça que j'voulais parler aujourd'hui. Je viens de lire les deux derniers articles du devoir sur l'affaire Mouawad/Cantat, et j'suis archi confuse. Ici et ici.
Me semble, le débat lancé concernait le pardon à accorder au meurtrier. Ce n'était pas une course à savoir qui dans cette histoire a le plus souffert. Tout le monde a souffert du geste de Cantat tout comme les allemands et les juifs sont victimes de la 2e GM. Comment peut-on justifier un choix de société en se basant sur l'ampleur de l'horreur? sur le droit de maudire qu'on accorde au plus souffrant? La haine ressentie pour Cantat et les autres criminels ayant purgé leur peine m'écoeure, parce qu'elle n'est qu'un instinct de vengence, de violence.
Encore plus horrifiant, la présidente de la Fédération des Femmes du Québec co-signe l'une des lettres. Celle qui se termine ainsi: "Vous nous promettez de faire entendre l'absence de Bertrand Cantat dans votre cycle des femmes; y entendrons-nous le silence des mortes?" Encore une fois, cette rhétorique du plus souffrant.
Je déteste tellement cette image promue de la femme vulnérable, fragile, innocente. Oui, les femmes sont particulièrement victimes de violence conjugale, mais jusqu'à quel point cette idée qu'on se fait des femmes concourt à ces supplices? J'ai l'impression que l'image de la femme qu'on peut dominer et qu'on doit protéger représente à la fois la seule arme et le principal obstacle du mouvement des femmes. Parce que, comme dans le cas Cantat/Mouawad, c'est cette image brandie par les représentantes de la cause des femmes qui empêche qu'on mette en scène une production qui veut justement mettre à l'avant-plan des tragédies féminines.
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