7 mars 2010

Rôti de port

Aujourd'hui j'ai fait du ménage en malade. Des fois, faut grimper sur le dos du beau temps pis laisser la vitamine D nous "driver" une heure ou 2. J'ai déjà un tan, je crois. Mais j'suis toujours dans la vase et j'me suis versé un 3e verre de vin après m'être rendue compte que ça ne faisait même pas un mois que j'avais arrêté de donner des nouvelles à l'homme-loup.
J'veux mourir, calisse.

J'ai eu une rencontre avec le big en chef du porc. Le genre de gars que tu rencontres après avoir subi une fouille corporelle complète, qui te reçois dans son bureau avec plancher en marbre, bureau en marbre, crayons à mine en marbre, regard en marbre, sa secrétaire immobile avec un tailleur à 2000$ qui fait l'interprète parce que jamais toi avec tes runnings shoes Yellow tu réussiras à communiquer avec ce mec, Dieu le-tout-puissant que tu sais qu'il a des formidables dents blanches malgré que tu sais très bien que jamais t'arriveras à lui faire te les montrer seulement une fois, même par erreur.

J'ai survécu. J'ai jamais été autant agressive, j'ai jamais autant transpiré, je crois. J'sais toujours pas si j'ai apprécié mon expérience, et si mes démarches ont été concluantes, mais je me rappelle être sortie de son bureau fière parce que j'ai mis de l'avant tous mes arguments et que je l'avais amené là où je le voulais malgré qu'au départ il se refusait à toute forme de collaboration.
Reste à voir s'il va me donner de ses nouvelles.

Je n'appartiens pas à ce monde de dents blanches mais je les aime bien, ces cravatés dans leur tour d'ivoire. Ils sont comme des bélugas échoués ou des carcasses de crabes géants du Japon qu'on visite au musée Redpath. Malgré leur corps mort, ces gens restent des créatures fantastiques dans mon esprit. Je décroche pas, j'aime les monstres.

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