J'ai épié quatres copines d'origine haïtienne qui discutaient dans l'autobus en rentrant chez elles ce soir. Elles n'étaient pas d'accord sur lesquel des personnages de Ramdam était le plus séduisant. L'une d'entre elles prétendait que c'était Manolo mais les autres s'y sont vivement opposées parce que "c'était le plus beau selon les québécois mais pas pour les haïtiens".
Face à l'argument béton de ses copines, la jeune fille s'est rétractée. "Ah ouais, c'est vrai, j'y avais pas pensé ", qu'elle a répondu.
Tout comme les quelques passagers de l'autobus qui suivaient leur conversation, j'ai ressenti un énorme malaise et j'ai porté mon intérêt ailleurs. J'ai remis mes écouteurs sur mes oreilles et j'ai sélectionné un best of de James Brown sur mon Ipod. En me trémoussant subtilement sur les rythmes de Please, please, please, j'ai réevalué mon intérêt pour ce son si étranger au premier abord mais néamoins approprié sans hésitation il y a de cela bien des années.
L'ouverture n'est pas mutuelle et c'est bien ce qui gangrène le processus d'intégration. À trop vouloir mettre la faute sur l'autre on en oublie les barrières que nous nous posons nous-mêmes à travers nos actes quotidiens.
Et c'est là que naîssent les délires auxquels essaient de remédier messieurs Bouchard et Taylor. Parions que la publication de leur rapport ne fera qu'envenimer la situation.
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Suuuuper. Il est 2 hrs du mat et je viens de me rappeller que travaille demain à 9 heures.
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