Allo blogue.
J'viens de polluer le grand web à coups d'emails de fille angoissée qui se pogne le cul. Voilà, j'ai terminé mes contrats à l'uni, et j'ai ENFIN vidé mon bureau au labo.
J'ai fini l'école après une saga académique franchement épuisante: j'ai brusqué un des évaluateurs de mon mémoire qui a demandé des modifications majeures, et les 2 autres s'y sont opposés, ce qui a mené à l'invitation de 2 évaluateurs supplémentaires à mon comité, des directeurs de départements occupés mais vite raliés au team pro-Éli, qui prendront leur décision finale d'ici 2 semaines. Fin de la phrase. Fin des études. Désir actuel d'entamer un doctorat= zéro.
J'ai une job. C'est malade. L'affaire la plus incroyable du monde, un contrat de recherche en développement économique urbain. J'ai tellement eu de la chance là-dessus que j'ai encore de la difficulté à y croire. J'ai même dû refuser un contrat alléchant avec la chambre de commerce de l'est (d'autres port lovers) pour me lancer tête première là-dedans, sachant toutefois que je risque gros: beaucoup de responsabilités, d'autonomie et d'attentes, ça fout la pression.
Mon père est le plus heureux des pères depuis que je lui ai permis de m'amener magasiner. Ben oui toi, le niveau de bonheur de mon papa est clairement influencé par mon style vestimentaire: plus j'ai l'air d'une secrétaire, plus mon père va bien. C'est troublant mais aussi encourageant, parce qu'honnêtement, j'aurais jamais vraiment pu faire seule le grand saut du jeans au pantalon-noir-repassé-avec-un-pli-devant. Marty me dit qu'elle aimait travailler dans un bureau pour avoir la chance de porter ses escarpins fancy. Moi, j'ai l'impression que cet acoutrement m'aide à avoir l'air crédible/sérieuse auprès de mes collègues, mais surtout par rapport à moi-même. Tsé quand à l'halloween tu te déguises en pirate pis que tu te sens automatiquement plus wild? Ben c'est ça, mais le contraire. Je me déguise en fille sérieuse pour avoir la possibilité d'y croire, parce que j'le sais que la ribambelle de poignées de mains s'en vient, et que tout ça me terrorise.
Constat que ça fait du bien en TA de re-poser mes doigts sur le clavier de l'ordinateur Jambon.
Donc, me voilà. Rien à ficher pour les 2 prochaines semaines, et à la recherche d'un projet qui n'implique ni balayeuse, ni bouffe engraissante. J'ai relu John Fante en anglais (heille c'est bon John Fante) et cuisiné un gâteau (résolution de 2011: 1 aux 2 semaines mais je commence à penser changer ça pour 1 à chaque mois, tour de taille en expansion oblige). J'ai commencé à réfléchir à un projet de bricolage, parce que Josianne à l'école m'a dit que c'était pas looser comme activité. J'ai envie de faire un truc sur les animaux marins qui me font faire de drôles de rêves depuis 2 ans, mais ma dernière tentative de faire un méga-beluga en macaronis pas cuits s'est soldée par une midnight job de balayeuse mémorable. Pis tsé, j'le sais que c'est comme un peu à partir de ces petites obsessions que part le processus créatif des artistes, mais parce que je sais ça, j'suis déjà embourbée dans une démarche factice, non?
Et là mon Robert électronique dit: "Factice" ben ben fort au café Léard, et moi j'suis heureuse.
Enfin. Je suppose que je ne devrais pas me poser toutes ces questions. J'ai déjà rencontré Marc Séguin et il expliquait (au réalisateur, moi je ne faisais que tenir les fils de la caméra)que ses obsessions lui le poussaient à l'action. Yann Martel: même chose. Ce sont des "do"ers, pas des "think"ers, comme Isa dit. Ce sont des artistes formidables, certainement, mais qui dit que leur plus grande force n'est pas en réalité leur capacité à se mettre au travail? Produire, c'est faire face à son propre jugement, et pour ceux qui exigent tant d'eux-même, ça apparaît comme inconcevable, du moins à moi.
M'attendais pas à raconter des affaires long de même. Facque c'est ça. Tiens, et si pour les 2 prochaines semaines je m'imposais des visites quotidiennes ici. À défaut de diffuser mes shits, ça serait déjà bien de les faire advenir.